Leaders Cup: Pas de parenthèse féérique pour la JDA

La JDA retrouvait ce weekend la Leaders Cup après sa dernière participation en 2016. Alors qu’elle occupe la 3ème place du championnat, bousculant encore la hiérarchie, nous pouvions espérer qu’elle joue encore les troubles fêtes lors de ce tournoi réunissant les meilleures équipes de la phase aller. Mais Strasbourg, futur vainqueur de l’épreuve est passé par là…

Plutôt bien rentrée dans le match, la JDA va baisser de régime et être débordée par l’adresse de la SIG, en particulier à 3 points

La JDA n’aime pas particulièrement courir après le score cette saison, spécialement loin de ses bases, où elle a souvent acquis ses succès en prenant l’ascendant dès le départ. Alors, quand la Jeanne mène 6-0 puis 8-3 après un peu plus de 5 mins de jeu, le confiance peut-être de mise. La défense est en place, Fall est bien muselé et elle arrive à jouer à l’intérieur en s’appuyant sur Ware qui inscrit à ce moment du match 6 des points dijonnais (ce seront ses derniers…). Son état de forme influant énormément sur la réussite collective de cette équipe, tout démarre très bien. Malheureusement, la machine dijonnaise va commencer à se gripper sur la deuxième moitié du quart-temps et l’alsacienne se mettre tranquillement en action. La SIG passe alors un 10-2 à la JDA et vire en tête après 10 minutes. Si les hommes de Legname ont faillit en attaque, ils ont pu faire le nécessaire en défense et le match défensif dans lequel elle semble entraîner Strasbourg est là aussi de bon augure. Mais les difficultés entrevues vont finalement se répéter; Ware ou Pearson ne sont plus trouvés ou sont en manque d’adresse, les mauvais choix en attaque se multiplient et en face Strasbourg commence à sortir les mitraillettes à 3 points. Si l’écart est encore très faible à la mi-temps (27-32) et que tout est jouable, le sentiment que la JDA n’y est pas complètement est palpable. Le come-back dans le 3ème quart-temps auquel la bande d’Axel Julien nous aura si souvent habitué n’aura pas lieu. Pire, au milieu du quart-temps, elle comptera près de 13 unités de retard. Seul David Holston va réellement être dans le coup et porter son équipe à lui tout seul pour limiter l’écart à 6 points (50-56). Si tout est bien entendu encore jouable, on sent qu’il manque quelque chose à ce groupe et qu’en face, la SIG contrôle bien son match. Il n’y aura pas de miracle. A part peut-être celui qui voit la JDA passer d’un -18 (52-70) à 5’30 du terme à un -6 points à 1’33 sur un 3 points de Leloup. Un rapproché qui s’explique autant par une très grosse agressivité défensive des dijonnais que par un relâchement « naturel » de la SIG qui gérait probablement déjà dans l’optique de la 1/2. La JDA s’inclinera finalement 79-89, un peu dans la confusion après un accrochage entre Leloup et Green. Peut-on vraiment se désoler de cette défaite? Si chaque revers implique forcément des manques, la SIG était particulièrement injouable. Au fil du match elle a resserré sa défense et a compensé son incapacité à faire jouer Fall (5 points seulement) par un jeu extérieur efficace et une adresse insolente. Elle aura notamment shooté à 28 reprises à 3 points (contre 19 à la JDA) et scoré 14 fois, soit 51% de réussite dont sur des shoots improbables! La JDA a été par ailleurs dépassée aux rebonds: la SIG en aura capté presque deux fois plus que la Jeanne (39 vs 20)! Collet aura trouvé le moyen de coupé les relations 1-4 / 1-5 de la JDA, limitant notamment Ware et Pearson à 6 et 2 points. On pourra enfin regretter certains coups de sifflets peu évidents, qui sans expliquer la défaite, pouvaient mettre en évidence une certaine différence de traitement.

Du positif à retenir et un David Holston, roi chez Mickey

Bien entendu, les retrouvailles avec la Leaders Cup n’ont pas pris la tournure escomptée ou du moins espérée après les magnifiques succès des jours précédents (dont Nanterre). Si l’on pouvait espérer secrètement un autre scénario et commencer à rêver après les éliminations surprises de deux des favoris (ASVEL et Pau), tout n’est pourtant pas à regretter et à jeter. On peut déjà noter que cette édition n’allait suivre aucune logique. Bourg et Levallois (sans Wright) qui passent en 1/2, Strasbourg qui sort Limoges pourtant en pleine forme et après avoir fait exploser Nanterre en 1/4… bref, la victoire récente contre une SIG qui multipliait par ailleurs que les pépins (non validation de Lasme après visite médicale) et les contre-performances (claque contre Limoges) n’était gages de rien…Et puis, si ce match était frustrant voire décevant, il a aussi laissé entrevoir des points positifs. La défense a montré de belles choses et quand même provoqué 20 balles perdues pour Strasbourg. La JDA aura également fait 11 interceptions lui procurant des opportunités de shoots supplémentaires. Elle aura ainsi pris 65 tirs contre 55 à la SIG, se donnant l’opportunité d’être devant avec un peu plus d »adresse. Si Holston aura été omniprésent et caché les carrences globales de l’équipe dijonnaise, il faut avant tout saluer une nouvelle fois son talent immense. Avec 35 points (soit 44% des points dijonnais!) mais aussi 6 passes décisives pour 28 d’évaluation, il aura éclaboussé la Disney Events Arena de son talent et forcé l’admiration de tous les amateurs présents dans la salle. Sorti en toute fin de match il aura d’ailleurs eu droit à une standing ovation de plusieurs personnes (non supporters de la JDA). Oui, David était bien le roi de Disney et de la Lleaders Cup dont il est devenu le meilleur marqueur de l’histoire.

Depuis le début de saison et encore plus depuis un peu plus d’un mois, la JDA avait habitué ses supporters à soulever des montagnes et à réaliser exploits après exploits. Alors, la voir tomber dès le premier match face à un adversaire prenable (sur le papier) pouvait prendre des allures de désillusion. Il faut avant tout retenir que voir la Jeanne chez Mickey constituait déjà quelques chose de fort et d’exceptionnel alors qu’elle ne dispose que de la 14ème masse salariale. Elle aura aussi perdu face au futur vainqueur de l’épreuve. Mais elle aura aussi beaucoup gagné: notamment de l’enseignement sur les marches qui lui restent à gravir pour viser toujours plus haut et de l’expérience sur la gestion de matchs « couperets ». A un mois du tournoi qualificatif pour la finale de la coupe de France (un sorte de Leaders Cup pour la coupe nationale) et de possibles play-off, c’est certain, il ressortira des choses positives de cette Leaders Cup.

1 thought on “Leaders Cup: Pas de parenthèse féérique pour la JDA

  1. Un article de qualité -comme les précédents d’ailleurs- qui met en relief de façon précise et juste un match difficile certes mais dont les points positifs soulevés par Christophe GAVIGNET, en dépit de la défaite de la JDA, méritaient d’être évoqués. Ils me confortent dans l’idée que rien ne sera jamais perdu avec la JDA ! Merci pour avoir su commenter le match avec autant d’objectivité !

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