Derby Chalon – JDA : Aller au Colisée « les armes » à la main

Après une nouvelle sortie décevante en BCL contre Lietkabelis et des cadres pour la plupart hors du coup, la JDA Dijon se présente ce dimanche sur le parquet du rival chalonnais (18h30 – SFR SPORT2). Un match qui enflamme  toute une région et qui est toujours à part pour les supporters. Pour la Jeanne, ce match qui ne répond pas toujours à une logique purement sportive devra être abordé avec une hargne et une détermination exceptionnelles.

 

Un Derby, mais deux clubs pas si proches

Leloup, formé à la JDA sait l’importance du Derby ©Nicolas GOISQUE/NikoPhot

« Un derby est une rencontre sportive entre deux équipes de la même ville, voire entre deux villes géographiquement voisines, généralement distantes de moins de 100 km » (source Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Derby_(sport). Oui, le match entre l’Elan Chalon et la JDA Dijon répond bien à cette définition. Mais la proximité géographique entre les deux clubs est pour ainsi dire le seul point que Chalon et Dijon ont en commun. Ce derby est l’occasion de voir s’affronter la JDA, club fondé en 1880 et qui a traversé près de 140 ans d’histoire, à l’Elan Chalon, crée en 1955. Quand la JDA s’invitait à l’échelon le plus élevé du basket français en 1990, Chalon y arrivait en 1996, sur la pointe des pieds, après avoir été longtemps dans l’ombre des dijonnais. Les deux clubs n’évoluent pas dans un environnement sportif comparable. A Dijon, la JDA doit notamment (co)exister avec le DFCO qui évolue en ligue 1, partageant naturellement l’attention des supporters et des partenaires (comme le rappelait Claire Tomaselli dans l’interview qu’elle nous avait accordée http://www.dijon-sportnews.fr/2018/11/08/video-linvite-claire-tomaselli-adjointe-aux-sports-de-la-ville-de-dijon/160435/).

A Chalon, il y a l’Elan et…l’Elan. A l’instar de Limoges, l’Elan est roi à Chalon. Associé à un budget qui a été régulièrement supérieur à celui de la JDA ces dernières années, le club du 71 a pu compter sur une nouvelle enceinte dès 2001 quand la JDA continue d’évoluer dans un Palais des Sports de 1977. Alors oui, les voisins bourguignons ont pu davantage garnir leur salle de trophées avec notamment le fameux triplé de 2012 et le titre de champion en 2017. Si les supporters des rouges aiment à rappeler que Chalon mène largement dans ses confrontations avec la JDA (31 victoires pour 11 défaites), ces toutes dernières années ont été plus équilibrées. L’an passé, la JDA s’inclinait de 4 petits points au Colisée après avoir dominé son voisin à l’aller de deux points. La saison 2017-2018 fut d’ailleurs une année noire pour les chalonnais qui ont longtemps frôlé la relégation alors que la JDA terminait à une très belle cinquième place après un exercice d’excellente facture. Mais les différences ne s’arrêtent pas là. La marque de fabrique de Chalon peut se résumer ainsi : bien recruter et shooter à 3 points. Oui, l’entraîneur chalonnais Jean-Denys Choulet sait dénicher des talents. Alors quand son recrutement va, tout va. Mais quand il se plante attention les dégâts. En forçant à peine le trait, chaque année, l’Elan de Choulet ne semble d’ailleurs pas trop s’embarrasser des systèmes de jeu. Tant qu’ils disposent de shooters capables de planter des tirs improbables à 9m ils apprécient. Il aura d’ailleurs été intéressant de remarquer que l’Elan effectue sa remontée face au Portel (précédente journée de Jeep Elite) une fois leur entraîneur exclu… Car il a su compter, entre autres, sur Robinson pour mettre des shoots énormes.

Si Chalon s’en sort l’an dernier, c’est en changeant, notamment, deux fois de meneur avant de tomber sur Wolters qui changera complètement la donne. « L’attaque fait lever les foules, tandis que la défense fait gagner les titres » Michael Jordan. La JDA, depuis plusieurs années et notamment l’arrivée de Borg s’est en revanche probablement inspiré de cette déclaration de la légende américaine. Avec comme lame de fond, l’équipe, le jeu collectif. Dans la bonne saison réalisée l’an passée la JDA avait d’ailleurs excellé dans le nombre de passes décisives et dans le faible nombre de balles perdues ; il était alors difficile de mettre en avant tel ou tel joueur, chacun ayant apporté sa pierre à l’édifice.

 

Avec Holston, la JDA dispose aussi d’un génial meneur lutin. ©Nicolas GOISQUE/NikoPhot

La JDA doit jouer les yeux dans les yeux avec Chalon

Il faut être réaliste, Chalon pas Chalon, la JDA va avant tout aller défier le deuxième du championnat sur son parquet. La tâche est forcément immense. Cette saison, Chalon a su repartir sur de belles bases et deux « key players » Robinson et Sanford qui affichent respectivement 22,5 et 16,7 d’évaluation de moyenne. L’Elan Chalon a du temps cette année ! Le club Saône et Loirien aura tout tenté pour jouer une coupe d’Europe pourtant non acquise sur le parquet, sans obtenir gain de cause. Cela permet toutefois à Choulet de faire reposer ses joueurs et de venir observer la Jeanne au Palais (ndlr contre Bourg en Bresse). Les dernières sorties chalonnaises ont de quoi impressionner, que ce soit face à Monaco où ils renversent le club du Rocher en toute fin de match ou au Portel où ils s’imposent après prolongation alors menés largement dans le 3ème quart temps.

Mais attention au groupe dijonnais à ne pas être gagné par la peur. La peur n’a jamais fait gagner des matchs, encore moins dans un derby. Et si le collectif dijonnais est usé par enchaînement des matchs, le groupe est globalement de qualité et c’est en conquérant qu’il devra fouler le parquet du Colisée. D’autant que tout est remis à zéro dans ce type de match. Lors de la saison 2016-2017, la JDA, alors en bas de classement est proche de l’emporter à Chalon alors tout en haut. L’an passé, les positions au classement sont inversées et alors que l’on pense que la JDA ne fera qu’une bouchée de chalonnais au fond du trou, ils s’inclinent. Preuve une fois encore qu’en sport comme ailleurs, l’humilité doit être de mise et il y règne toujours un côté imprévisible qui en fait sa beauté.

 

A Laurent Legname de montrer le chemin © Nicolas GOISQUE/NikoPhot

L’adversaire de la JDA :

On le connaissait bien et on vient beaucoup d’en parler.  A rappeler néanmoins que la JDA jouera dans une ambiance très hostile et une salle de près de près de 5000 places.  Budget : Chalon dispose d’un budget 1,15 fois supérieur à celui de la JDA et sa masse salariale est 1,2 fois celle de Dijon. Encore cette année, les chalonnais ont donc une surface financière supérieure à la JDA. 

Le jeu : résolument tourné vers l’attaque et une volonté de prendre des shoots à 3 points. Avec 186 tirs à 3 points tentés depuis le début de la saison Chalon est l’équipe qui a le plus pris de shoots longue distance de la ligue. Avec 38,2% de réussite, c’est aussi la 4ème meilleure équipe dans cet exercice. Les joueurs à surveiller : Robinson va être le danger numéro 1. Joueur très adroit et insouciant du haut de ses 23 ans, il peut prendre feu à tout moment ; ses débuts de matchs parfois discrets ne l’empêchent pas de briller dans les derniers instants. Deuxième scorer de Jeep Elite avec plus de 18 points de moyenne il en est aussi le meilleur passeur avec près de 9 passes décisives de moyenne par match. Sanford, deuxième meilleure évaluation de l’équipe chalonnaise sera un vrai poison, tout comme Ousmane Camara qui, avec ses 9 rebonds de moyenne par match fera forcément mal à la Jeanne dans un domaine où elle est fébrile.

 

Les clés du match pour la JDA :

C’est tout le groupe qui devra être au top © Nicolas GOISQUE/NikoPhot

Se servir du Derby comme une source de motivation, ne pas se laisser gagner par l’enjeu.

Reproduire la première mi-temps du match contre l’AEK…sur 40 minutes. Laurent Legname avait parlé de plus belle première mi-temps de la saison. Et elle l’était ! A reproduire sur 40 minutes alors que la Jeanne a une fâcheuse tendance à relâcher ses efforts par séquences.

L’entame de match. Climatiser le Colisée d’entrée et enflammer les supporters dijonnais qui auront fait le déplacement sera déterminant. Quand Chalon donne le tempo cette saison, il est très compliqué de les rattraper.

Museler Robinson : si les dijonnais le laisse s’exprimer, il sera quasiment impossible de l’emporter. Les fameuses prises à deux à la sauce dijonnaise seront primordiales pour limiter ce joueur de petite taille.

Alterner le jeu : de la première mi-temps contre l’AEK, il fallait retenir l’intensité mais aussi l’alternance du jeu proposé par les coéquipiers d’Axel Julien. A l’inverse, sur les derniers matchs, la JDA a souvent répété les mêmes systèmes et permis à leurs adversaires de lire trop facilement leurs intentions, d’où des pertes de balles inhabituelles et un manque de scoring.

 

Pearson, une des armes dijonnaises  © Nicolas GOISQUE/NikoPhot

Le plus important, faire parler les valeurs du club : de son histoire (le club a pris naissance sous la forme d’un patronage par l’Abbé Bizouard), la JDA a toujours véhiculé, le travail, l’humilité, l’esprit de corps. Ce sont ces valeurs, notamment, qui lui ont permis dans son histoire récente de surmonter des épreuves, comme celle de la disparition d’un de ses jeunes prometteurs (Jonathan Bourhis) et la décente en Pro B la même année, d’éviter une nouvelle décente en 2016-2017 et plus globalement de souvent damner le pion à de grosses cylindrées. Non, la JDA, n’a pas le plus gros budget, non la JDA n’a pas (encore) la plus belle des salles, non la JDA ne dispose pas du plus large effectif, non la JDA ne s’appuie pas sur les meilleures individualités, mais oui, la JDA sait compter, à tous les niveaux du club sur un groupe soudé. Oui, la JDA dispose, malgré les déceptions récentes, de joueurs qui savent jouer ensemble, qui ont envie et qui donneront tout. M. Jordan déclarait encore « Je peux accepter l’échec, tout le monde échoue dans quelque chose. Mais je ne peux pas accepter de ne pas essayer ».  La JDA devra s’en inspirer. Car quel que soit l’issue du match, les supporters dijonnais, attendront à minima de voir des guerriers à chaque instant, de la première seconde à la sirène finale. Nul doute que Laurent Legname et son capitaine Axel Julien que l’on sait animés par cet état d’esprit, feront tout pour l’insuffler au groupe à l’heure d’un derby attendu par toute une ville.   

Entre-deux ce dimanche à 18h30 au Colisée !    

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.