Battu à Fleury, le CDB n’y arrive pas

La rencontre était pointée sur l’agenda du Cercle Dijon Bourgogne depuis un moment. Ce match à Fleury était celui à ne pas rater en cette fin octobre. Le CDB n’est pas parvenu à ses fins en s’inclinant face aux Panthères (27-23). Bourg de péage ayant battu Besançon dans le même temps, les filles de Christophe Maréchal se retrouvent lanterne rouge avec les Dromoises avec le triste bilan d’une victoire pour 7 défaites. Le constat s’impose, le CDB est sans doute aujourd’hui à sa place.

 

La saison dernière avait fait renaître l’espoir chez les supporteurs dijonnais des filles du hand. L’arrivée du président Gilles Poissonnier avec un plan ambitieux sur trois ans et  les résultats sportifs convaincants laissaient espérer la fin d’année « galère » à lutter jusqu’en fin de saison pour garder sa place dans l’élite. On a malheureusement vite déchanter.

 

La longue indisponibilité d’Audrey Deroin est l’un des innombrables coups durs que le CDB connait cette saison © Nicolas GOISQUE/NikoPhot archives

Presque logique

Première désillusion des le début de saison avec la non qualification de Barbara Moretto et d’Eloïse Dewez, portant un sérieux coup de canif aux assurances qu’on aurait pu avoir en la nouvelles direction. Trouver et pérenniser un budget permettant à minima à l’équipe sportive de fonctionner avec le peu de moyens qu’on lui promet n’est pas si simple. Alors oui Dijon n’a pas été retoqué ni rétrogradé un instant en D2 à l’intersaison. Mais être privé de deux élément importants durant 1/4 de championnat est un luxe que le club ne peut se payer. Si par un méchant hasard l’infirmerie s’en mêle alors cela devient quasi mission impossible ceci d’autant plus que les paris de recrutement ne peuvent pas être gagnants à chaque coup (sur les 4 bonnes pioches de l’an dernier on compte deux départs et deux blessées longue durée !!). Les « non qualifications » peuvent  d’ailleurs expliquer les blessures, les organismes de certaines ayant été mis à rude épreuve, et aussi les difficultés d’intégration des recrues devant très vite prendre d’énormes responsabilités dans un collectif encaissant les mauvaises nouvelles semaine après semaine.

 

Diminuée physiquement, Léna Leborgne ne peut apporter tout ce qu’elle souhaiterait © Nicolas GOISQUE/NikoPhot archives

Le but n’est pas ici de pointer tel ou tel dysfonctionnement ou d’excuser en bloc toutes les défaites dijonnaises, mais bien de dire que l’effectif actuel aligné par le CDB est trop juste pour tenir le niveau de la LFH qui augmente d’année en année. Prenons ce match à Fleury, dans sa tête en début de saison Christophe Maréchal peut raisonnablement penser l’aborder avec Audrey Deroin (malheureusement out pour de long mois depuis la deuxième journée) et Léa Terzi (qui attend un heureux événement certes prévu mais pas forcément si tôt), avec une Léna Leborgne en possession de tous ces moyens ainsi que d’une Joanna Lathoud complètement remise, on pourrait encore compléter la liste. Il peut aussi raisonnablement espérer au seuil de cette 8ème journée avec deux ou trois victoires au compteur et deux recrues ayant trouvé quelques repères. Or aucun de ses « espoirs » ne se réalise, dès lors ce qui était un match abordable devient un match difficile durant lequel tout doit être parfait durant 60 minutes et collectivement et individuellement et ça Dijon ne sait pas faire pour l’instant. Quand on sait aussi l’impact que la confiance peut avoir sur l’issue d’une rencontre sportive, on se dit vraiment que peu de voyants sont au vert au CDB.

 

Avec 11 buts en 25 minutes,Barbara Moretto retrouve des couleurs © Nicolas GOISQUE/NikoPhot archives

Un scénario que trop souvent vu

Qu’a-t-on vu hier soir à Fleury ? Une équipe dijonnaise qui tient la comparaison une mi-temps durant sans se faire décrocher, ni sans décrocher l’adversaire non plus pour atteindre la pause avec un petit but de déficit (13-12). Ensuite un trou d’air de 8 minutes en seconde période qui se traduit par un 4-0 encaissé en 5 minutes et un déficit de 5 longueurs à rattraper en 25 minutes (17-12,35′). Phase suivante, un CDB qui s’accroche, qui ne lâche pas complètement l’affaire et qui s’emploie pour recoller (20-19,46′) qui reprend léger trou d’air mais qui est encore à deux longueurs à 5 minutes du terme (24-22,55′). Pour finir 5 dernières minutes de pénurie offensive avec des Dijonnaise paralysées par l’enjeu, en manque de confiance et de repères  qui n’osent plus grand chose et les derniers espoirs qui s’envolent (27-23, 60′). 

 

58 minutes de jeu et deux buts pour Dyenaba Sylla seule arrière droite de métier disponible © Nicolas GOISQUE/NikoPhot

A partir de là si l’on regarde les statistiques on s’aperçoit qu’une seule Dijonnaise (contre 5 Fleuryssoises) est à plus de 50% de réussite au tir (Moretto 8/11 avec 5 pénaltys), que le temps moyen de jeu par joueuses de champ est de 29 minutes pour Fleury avec aucune joueuse à plus de 50 minutes quand il est de 35 minutes à Dijon avec trois joueuses à plus de 53 minutes, que ses trois joueuses sont les deux ailières Bouchard et Sylla toute deux membres du centre de formation et Paulsen, jeune recrue de 20 ans, qu’il faut attendre le dernier quart d’heure pour voir Héléna Rysankova se montrer efficace, que les gardiennes dijonnaises n’effectuent que 11 arrêts sur l’ensemble du match, que Joanna Lathoud et Martina Skolkova, les deux plus expérimentées si l’on excepte Ben Slama ont beaucoup porté depuis le début de saison des deux côtés du terrain et ont donc un rendement moyen, on en revient à notre premier constat, la défaite est presque logique parce que les forces physiques et mentales disponibles sont insuffisante. 

 

1 but en 53 minutes de jeu pour Sarah Paulsen qui peine à trouver sa place dans des circonstances compliquées © Nicolas GOISQUE/NikoPhot archives

Pas très optimiste le Nicolas sur ce coup me direz vous. Sans doute mais aussi froidement lucide. Ben que propose-t-il alors ? Eh oui, je sais,  je n’ai guère de solution.  Dans l’immédiat que peut espérer Dijon? Le seul renfort possible est le retour de Déborah Kpodar. Pour le reste, les joueuses, et elles sont nombreuses, qui ont besoin de recharger les batteries ou de soigner des bobos plus ou moins important au corps et à l’âme auraient besoin de repos . Il reste trois matchs avant la trêve et le prochain dès samedi contre l’épouvantail messin. Faut il complètement faire l’impasse dessus ? Mais comment ? en envoyant de toutes jeunes joueuses au casse pipe,  pour laisser souffler plus sérieusement les « cadres » en risquant là encore de la casse physique et morale; en ne jouant pas le jeu à fond quitte à prendre une véritable raclée? Autant de questions très compliquées pour le staff dijonnais et son groupe dont on n’envie pas vraiment la situation du moment 

 

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