En route pour Rio : Marianne Buso et Corentin le Guen chapitre 4

Ecrit par Nicolas Goisque Le 3 août 2016 à 22:29

Marianne Buso, joueuse de basket fauteuil à la JDA et Corentin le Guen, joueur de rugby fauteuil à Nuits St Georges seront avec Charles Rozoy les seuls Côte d’Oriens à représenter la France aux jeux paralympiques de Rio du 7 au 18 septembre prochain. A un peu moins de 6 semaines de ce grand rendez-vous ils ont tout deux répondu à l’invitation de DIJON-SPORTnews pour une discussion amicale à bâtons rompus que nous vous livrons  en cinq chapitres toute cette semaine.

 

Marianne © Nicolas GOISQUE/NikoPhot

Marianne © Nicolas GOISQUE/NikoPhot

Retrouver ici le chapitre 1,  le chapitre 2 et le chapitre 3

 

DIJON-SPORTnews : La reconnaissance du handisport auprès du grand public ou des médias semble encore difficile même si cela se développe ?

Marianne BUSO : Les JO c’est vraiment l’occasion tous les 4 ans de promouvoir et faire reconnaître nos disciplines. Cette année ils devraient diffuser un peu plus. Ce n’est déjà pas si mal, on ne va pas faire le prime time sur TF1 du jour au lendemain. Nous sommes les deux seules équipes de sports co qualifiées, on devrait donc  voir un peu de rugby fauteuil et de basket fauteuil, cela devrait attirer de nouveaux licenciés à la rentrée c’est en fait l’histoire de toutes les fédé sportifs.

 

DSN Vous sentez vous du coup un rôle d’ambassadeurs de vos disciplines ?

MB et Corentin LE GUEN  Bien sûr avec surtout l’envie de montrer que oui le handicap c’est une chose, mais que l’on vit toujours.  On s’éclate et on se défonce sur des terrains de sport, c’est important de montrer au grand public, français surtout, que le handicap n’est pas une fin en soi. Le regard sur le handicap dans les pays anglo saxon est différent et peut être plus accepté dans la société. En France il y a encore souvent un regard misérabiliste, quand on fait des matchs de « démo », les gens nous disent « quel courage » et en rajoutent des tonnes ce qui nous énervent bien souvent, « on va bien merci !!! ». Parmi les « handis » il y a beaucoup d’humour noir, d’auto dérision qui sont nécessaires sans tomber dans le pathos ou la dépression.

 

Marianne et Corentin avec Pierre Terzi le préparateur physique du CDB © Nicolas GOISQUE/NikoPhot

Marianne et Corentin avec Pierre Terzi le préparateur physique du CDB © Nicolas GOISQUE/NikoPhot

DSN : On sait que dans le sport de haut niveau la préparation physique est quelques chose d’important. Comment se prépare-t’on physiquement quand on est sportif en situation de handicap ?

CLG  Personnellement j’ai des muscles qui ne fonctionnent plus du tout. J’ai attaqué depuis un mois et demi  pour ma préparation, le cross fit au Cross Barz Boxing à Dijon. Je travaille carrément différemment que les autres.  Avant je faisais un peu de « muscu » et beaucoup de travail en fauteuil de rugby (du 30-30 pour bosser le « cardio ») alors qu’aujourd’hui je travaille sur des muscles bien spécifiques au rugby fauteuil pour progresser en tonicité, par ex je n’ai pas de triceps donc je ne fais pas de développé couché, je renforce plus biceps ou épaules pour être le plus opérationnel possible à Rio.

MB  En ce qui me concerne je travaille au Centre d’Expertise de la performance (CEP Cometti) où l’on a deux préparateurs qui nous suivent beaucoup notamment sur la partie « cardio » et « muscu ». Je n’ai pas les soucis de Corentin au point de vue musculaire. Je bosse l’explosivité, la puissance. Handisport ou non c’est vraiment important.

Commentez cet article