Futsal: Lettre ouverte de Mme Stoltz à la FFF

Ecrit par Nicolas Goisque Le 17 novembre 2014 à 12:03

Madame Elisabeth Stoltz ancien maire de Clénay et témoin privilégiée du développement du Futsal dans on village nous a fait parvenir une lettre ouverte, adressée à la Fédération Française de Football,  que nous publions ici dans son intégralité.

 

Messieurs,

A l’origine, j’ai apprécié le Futsal lorsque c’était vraiment du Futsal, un sport nouveau pour moi et bien spécifique. C’est un sport que j’ai aimé, regardé, que j’ai encouragé et soutenu en tant que Maire d’un petit village de 850 habitants lorsque notre équipe s’est retrouvée parmi les grands de la discipline. C’est un sport par lequel j’ai été enthousiasmée et autour duquel tout un village s’est mobilisé, notamment parce que les règles étaient très strictes et c’était très Fairplay.

Mme Stolz lors de la montée de Clénay en D1 en mai 2013 (Nicolas GOISQUE/archives)

Mme Stoltz lors de la montée de Clénay en D1 en mai 2013 (Nicolas GOISQUE/archives)

Quelle déception aujourd’hui quand on voit ce qui se passe à chaque match ! On assiste, de plus en plus, à des injustices flagrantes, un penalty oublié par ci par là et bien d’autres erreurs notoires d’arbitrage. Le plus étrange, c’est peut-être le fait que des arbitres dits officiels « copinent », avant et après matchs avec les joueurs et les dirigeants des grandes équipes. Parfois même, ce copinage a lieu pendant le match, sous les yeux ébahis du public bourguignon qui n’en croit pas ses yeux !

Messieurs, n’oubliez pas que ce sport n’est pas du foot en salle, ni du foot au rabais, ni même un sport en réduction. De par son histoire, ce sport avait acquis toute sa noblesse qui est aujourd’hui en train de disparaître parce que tout le monde peut faire tout et n’importe quoi et parce que  les injustices deviennent flagrantes et bien trop nombreuses. Que peut-on enseigner à nos enfants et à nos petits-enfants face à cette triste réalité ? Que deviennent les valeurs du sport dans de telles situations ? Comment pourront-ils appliquer ces valeurs dans leurs vies d’adultes s’ils constatent qu’elles sont bafouées en permanence ?

Rappelez-vous que ce sport est un sport à part entière, né dans les années 30, en Uruguay. L’idée originelle et originale n’était pas simplement de jouer au football sur un terrain réduit. L’idée était de créer un sport nouveau « avec ses propres règles beaucoup plus strictes, dans l’esprit d’éduquer les jeunes adultes, de les responsabiliser et de les rendre solidaires »

Les règles plus strictes étaient notamment l’interdiction du  tacle et de la charge pour essayer de déséquilibrer son adversaire.  Il semble qu’il y ait une tolérance large aujourd’hui pour ces pratiques discutables.  Pourquoi ne pas avoir gardé ces règles qui faisaient la spécificité du futsal ? Ou alors, si ces règles sont encore en vigueur, merci de m’indiquer pourquoi, dans ce cas, de telles fautes ne sont pas sanctionnées par les arbitres, parce que je ne comprends plus et le public ne comprend pas non plus.

De même,  nous constatons couramment que les arbitres ne  sanctionnent pas ou très peu le fait de tenir un adversaire par le maillot ou par le bras. Cela donne lieu à des réactions du public et  à des situations conflictuelles entre les joueurs. Le joueur victime, pour la 3ème ou 4ème fois consécutives, de ces pratiques adverses non sanctionnées finit par s’énerver et c’est sur lui qu’on siffle une faute ou qu’on sort un carton. Ceci échauffe les esprits et ne fait qu’envenimer la situation. Tout ceci est source de climat malsain. Il me semblait pourtant que dans ces cas-là,  il était « instamment recommandé aux arbitres d’intervenir rapidement et avec fermeté conformément à la Loi 12 ».

Bien sûr, un arbitre ne peut jamais tout voir et l’erreur est humaine mais trop d’erreurs cumulées dans un seul sens, ce n’est plus une erreur, c’est une injustice flagrante !

D’autre part, pourquoi également tolérer qu’une «  grande » équipe soit composée exclusivement ou presque de joueurs européens ou étrangers achetés, le temps d’une saison,  à un autre club ou à autre pays ?  On a parfois à faire à des « mercenaires » payés pour accéder aux premières places. Ce sont des joueurs qui passent d’un club à un autre, sans aucun état d’âme, et qu’on renvoie parfois chez eux dès que le maintien ou la place sur le podium sont assurés. Ces joueurs ne devraient-ils pas être en nombre limité dans une équipe ? Tout doit-il être une question d’argent et non de sport où seuls les clubs ayant un gros budget auront la possibilité de jouer ?

Que dire surtout du comportement de quelques délégués, dont certains ne connaissent apparemment rien au Futsal ?  Le délégué  ne devrait-il pas « écouter également l’avis des dirigeants, de façon à favoriser le dialogue et la compréhension mutuelle » ? Ne devrait-il pas « s’efforcer de limiter les causes d’interventions dues à des désaccords … et faire preuve de psychologie afin d’éviter les conflits » ?

Alors que dire d’un délégué qui demande à un arbitre (qui n’a rien entendu) d’exclure un dirigeant qui aurait tenu des propos inconvenants « dans le but d’insulter l’arbitre » (ce qui veut bien dire qu’il ne l’a pas insulté !) Ce dirigeant est victime d’une sanction d’exclusion extrêmement lourde alors qu’il n’a insulté personne mais s’est révolté,  contre une injustice supplémentaire ? Sur la base de quel rapport a t-il été condamné ?  Est-ce normal que l’intéressé n’ait pas vu le rapport avant cette condamnation et n’ait pas son mot à dire ?

 

Il me semblait pourtant que « Dans tous les cas,  il (le délégué) doit informer le représentant du club des observations qui seront consignées dans son rapport »

Il me semblait également que « Le délégué doit être perçu comme le CONSEILLER des clubs, un COORDINATEUR, un FEDERATEUR des actions et tâches de chaque acteur pour le bon déroulement de la rencontre » (extraits règlement FFF sur le rôle des délégués)

 

Mme Stolz au milieu de l'équipe de Clénay lors de la montée en D1 en mai 2013 (Nicolas GOISQUE/archives)

Mme Stoltz au milieu de l’équipe de Clénay lors de la montée en D1 en mai 2013 (Nicolas GOISQUE/archives)

Les délégués sont censés savoir « qu’être délégué c’est comprendre qu’une fonction n’est pas un pouvoir ».  Il semble que certains aient confondu  autorité et autoritarisme, fonction et pouvoir.

Est-ce ça l’esprit du Futsal aujourd’hui ? Pourquoi en est-on arrivé là ? Dans quel but ? A qui cela peut-il profiter ? Je ne sais pas, mais ce que je sais c’est que ce n’était pas l’esprit des fondateurs du Futsal qui était, je le rappelle d’éduquer de jeunes adultes et de les responsabiliser. Où est le Fairplay d’antan ?

Clénay, c’est une petite équipe mais elle a tout d’une grande ! Je me souviens encore de la venue du grand club de Cannes la Bocca la première fois lorsqu’il y avait deux poules en D1 et que Clénay était dans la poule Sud. Lorsqu’ils sont arrivés dans le village, les Cannois ont failli faire demi-tour en disant « On s’est trompés, ce n’est pas là, il n’y a pas d’immeubles, il n’y a que quelques maisons,  il n’y a pas de feux rouges, ce n’est pas possible qu’il y ait une équipe ici ». Oui, c’est vrai, il n’y a ni feux rouges, ni immeubles dans notre village mais il y a un gymnase avec une équipe toujours en D1 alors que le grand club de Cannes La Bocca a déclaré forfait général pour cette année (sans doute pour mieux renaître dans quelque temps, nous l’espérons pour eux).

Nous sommes fiers d’avoir côtoyé les plus grands avec une équipe composée de « gens du cru », des sportifs issus des clubs locaux environnants, tous bénévoles, avec des dirigeants bénévoles, généreux qui donnent de leur temps sans compter. La seule exception à la règle cette année, est la présence de Maïcon Cavalli, joueur italo-brésilien venu apporter un certain professionnalisme et des aspects tactiques qui faisaient défaut jusque-là.

Nous sommes là parce que nous croyons encore aux valeurs liées au sport, nous sommes là pour prouver qu’il est encore possible de jouer à haut niveau sans brasser des sommes étourdissantes qui n’ont plus rien à voir avec le sport, même si cela peut déranger quelques personnes.

En dehors de la joie de voir notre équipe accéder à la Ligue 1, ma plus grande fierté, même si cela ne rapporte rien,  est qu’elle ait remporté la coupe du Fairplay lors d’un tournoi international.

Messieurs, s’il vous plait, ne laissez pas ce sport intéressant, qui peut être une chance pour de nombreux jeunes,  être contaminé par la cécité sélective de certains arbitres ou par la mauvaise foi et/ou l’incompétence notoire de certains délégués.

Il existe un règlement spécifique au Futsal, pourquoi n’est-il pas appliqué correctement ?

Aujourd’hui le public est dégoûté et quel exemple pour tous les jeunes spectateurs !

Messieurs, s’il vous plait, aidez le Futsal à garder sa spécificité, son intégrité, pour le plus grand bonheur de tous. Donnez des moyens pour former les dirigeants, les entraîneurs, les arbitres et surtout les délégués ! Certains délégués ne connaissent rien au futsal. Ils sèment la zizanie par peur et surtout par incompétence parce qu’ils ne connaissent pas le futsal et encore moins la ligue 1.  Nous savons que d’autres clubs ont également des problèmes avec certains délégués.

Messieurs, je vous remercie par avance de bien vouloir accorder un peu d’attention à mes propos.

Même si nous devons disparaître de l’échiquier de la ligue 1, grâce à l’acharnement de certains pour user  notre patience devant des injustices flagrantes, nous garderons notre intégrité, l’équipe continuera à jouer et nous serons toujours fiers d’être bourguignons !

 

 

Elisabeth Stoltz

Une réponse à “Futsal: Lettre ouverte de Mme Stoltz à la FFF”

  1. Piaf dit :

    Merci pour cette lettre ouverte digne de ce nom, qui véhicule les sentiments et les ressentis de beaucoup par ici.
    N’hésitez pas à faire tourner, car n’oublions pas que sans bénévole ni joueur, les clubs ne sont plus rien et les fédés non plus.

    Merci encore pour cette lettre

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