Paris-Colmar, Rémi Bonnotte en quête du « Graal de la marche »

Ecrit par Nicolas Goisque Le 10 juin 2013 à 11:50

Le marcheur du Dijon Université Club Rémi Bonnotte va bientôt participer à ce qu’il qualifie de ‘Graal de la marche’ : le Paris-Colmar ! Il s’agit d’une course de marche athlétique de 440 kilomètres entre ces 2 villes qui se déroule sur 3 jours. A 47 ans, Rémi Bonnotte participera à son premier Paris-Colmar. DIJON-SPORTnews.fr a rencontré ce marcheur fou du DUC !

Rémi Bonnotte est en marche pour le Paris-Colmar 2013 ! (photo : Nicolas Goisque)

DIJON-SPORTnews.fr : Rémi, pour ceux qui ne connaissent pas le Paris-Colmar, peux-tu expliquer cette course ?

Rémi Bonnotte : « Paris-Colmar est une très vieille épreuve qui s’appelait à l’origine Paris-Strasbourg. Après plusieurs évolutions, elle se déroule aujourd’hui entre Paris et Colmar pour 440 kilomètres, avec un prologue de 5km entre les Champs Élysées et la Tour Eiffel puis un autre de 15km entre Neuilly-sur-Marne et Saint-Thibault-les-Vignes. Le grand départ a lieu à Château-Thierry sous le principe du contre-la-montre selon le classement mondial. Je partirai donc avec le dossard n°10. »

DSn : Comment se déroule l’épreuve et combien de temps dure-t-elle ?

RB : « Paris-Colmar se déroule en 3 étapes. Je m’élancerai à 0h03 mercredi 12 juin au soir, ou plutôt jeudi matin, pour une 1ère étape de 187km jusqu’à Bar-le-Duc où nous avons un arrêt obligatoire de 2h. La 2ème étape est longue de 165km jusqu’à Vittel où aura lieu une neutralisation de l’épreuve. La dernière étape entre les dessus de Gérardmer et Colmar débutera le samedi matin à 9h et sera longue de 67km avec la montée du Col du Calvaire qui porte bien son nom ! L’arrivée est prévue à Colmar en toute fin d’après-midi samedi 15 juin. Les premiers devraient mettre vers les 52h et j’espère arriver à Colmar en moins de 60h. »

DSn : Quels sont tes objectifs sur la course ?

RB : « Mon seul objectif est de terminer la course. Je ne vise qu’une place, c’est la Place Rapp à Colmar ! Le reste on verra après si j’arrive à terminer. L’année dernière, il y avait 21 marcheurs au départ et 8 à l’arrivée… Il y a 2 ans ils étaient 6 et 2 la fois d’avant. C’est dire les dégâts que ça fait en route… »

DSn : Comment se prépare-t-on pour un tel effort ?

RB : « La préparation a débuté il y a 2 ans par une 1ère expérience en tant qu’accompagnateur du meilleur marcheur français de l’époque puis l’année dernière en tant que coach d’un participant. Ensuite, j’avais initialement prévu mon départ sur cette épreuve en 2014, mais le risque que celle-ci disparaisse me fait hâter mon projet. Et puis j’ai prouvé sur les sélectifs que j’avais ma place, alors j’ai décidé fin juin 2012 que je serais au départ cette année. »

La Ronde des Ducs à Dijon a été une étape de préparation pour Rémi Bonnotte dans sa quête du ‘Graal colmarien’ ! (photo : Nicolas Goisque)

DSn : C’est un effort solitaire mais as-tu été coaché dans ta préparation ?

RB : « En terme de préparation physique, elle a débuté dès le mois de septembre 2012 avec un 24 heures prévu début octobre parce que je me devais d’aller faire la compétition de Sens le 16 septembre en tant que leader du challenge Bourgogne et coach du DUC. Mais l’épreuve qui devait avoir lieu en Suisse a été annulée, alors j’ai fait le championnat de France du 50 kilomètres où j’ai fini 5ème au scratch et Champion de France vétéran. Ensuite, je suis allé faire un 24h avec des coureurs vers Clermont mais là j’ai abandonné car je n’avais pas la tête et le circuit de 1kms m’a perturbé. Puis j’ai validé ma sélection lors du championnat de France à Bourges fin février en finissant 5ème et en parcourant 190km. J’ai fini très frais, c’est vrai qu’il a neigé et que nous avons eu -7 degrés ! Par contre, j’ai eu un souci au muscle plantaire juste après l’épreuve et cela était inquiétant en vue de l’arrêt obligatoire de 2h. A Dijon fin avril, lors de la Ronde des Ducs. J’ai donc fait un arrêt de 2 heures et, avec ma podologue, nous avons trouvé le remède, enfin le massage adapté, pour ne pas connaître cette mésaventure. Je suis coaché par mon ami d’adolescence Laurent Heitz, grand entraîneur de marche athlétique. »

DSn : Peux-tu expliquer à nos lecteurs comment se déroulera ta course de l’intérieur ?

RB : « Je mangerai, boirai en marchant et il n’est pas prévu que je m’arrête sauf pour me changer et pour un arrêt sanitaire. Il y aura toujours à côté de moi un marcheur pour me ravitailler et me parler et un ravitailleur à vélo qui fait le relais entre le camping-car suiveur et le marcheur-accompagnateur. Cela fera 12 personnes à mon service réparties en 2 équipes qui changent toutes les 6 heures. »

Le marcheur du DUC pourra compter sur ses partenaires et son équipes de 12 personnes pour tenter d’atteindre son objectif (photo : Nicolas Goisque).

DSn : Ce sera ta première participation, comment l’abordes-tu ?

RB : « Ce sera effectivement ma 1ère participation. On verra, je ne me projette pas dans l’avenir. J’aborde cette course avec sérénité mais aussi avec la peur que l’on peut imaginer. Mon corps va découvrir des choses et des douleurs qu’il ne connait pas… »

DSn : Il faut être un peu fou pour marcher pendant 50 à 60 heures pendant 3 jours ! Quelles sont tes motivations ?

RB : « Oui mais j’ai surtout une super équipe autour de moi, 12 accompagnateurs voués à ma personne et des partenaires financiers que l’on retrouve sur mes tenues et celles de mes équipiers. Ce challenge sportif est fou mais c’est le graal de la marche. Je dis souvent quand tu fais du vélo, tu veux faire le Tour de France… Quand tu fais du marathon, c’est faire le marathon de New York (ndlr : Rémi Bonnotte l’a déjà fait 2 fois !)… Et bien pour les marcheurs, c’est faire le Paris-Colmar !

DSn : Combien y a-t-il de participants et qui sont les favoris ?

RB : « Nous serons 22 marcheurs au départ. Cela fait 20 ans qu’un Français n’a pas gagné, alors espérons que ce soit pour cette année. Selon moi, les favoris sont Philippe Morel, David Regy, Jean-Marie Rouault ou le Russe Dimitry Ossipov, vainqueur des 3 dernières éditions… »

Le Paris-Colmar débutera par un premier prologue mercredi 12 juin à 14h30. Le départ sera donné à Paris le jeudi 13 juin à minuit et le premier marcheur devrait passer la ligne d’arrivée à Colmar vers 17h-18h samedi 15 juin. A 47 ans, le Dijonnais Rémi Bonnotte est presque tout jeune dans la discipline. Pour le marcheur du Dijon Université Club, l‘objectif sera de finir, lui qui a repris la marche il y a 4 ans après 26 années d’interruption !

Suivez la course Paris-Colmar en DIRECT sur le site pariscolmaralamarche.fr !

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